De passage à Nantes mi-décembre pour un court week-end de déraille et d'heures de TGV entièrement dévouées à Elliott Smith, je fus invitée de manière impromptue par mon humble hébergeur (aka ancienne copine de lycée pseudo-cinémartistique (le lycée pas la copine) aka future mate de backpacking anglais aka la fille qui a renversé un jury de Femis) à un ciné-concert au Cinématographe : Angil & The Hiddentracks se sont amusés à jouer sur L'Aurore de F.W. Murnau.De prime abord, ça semble assez flippant, j'avoue, ça m'a fait le même effet. Néanmoins, il s'agit de l'un des trois films au programme de l'option cinéma du bac '06. Inutile de préciser que donc, du Murnau, on en a bouffé. Le vice a même été poussé jusqu'à l'apprentissage de l'orthographe des deux prénoms accompagnés du vrai nom du cher réalisateur. Il faut imaginer notre très peu sérieux professeur chantonner 'Friedrich Wilhelm Plumpe' -accentuation sur le 'plum'. Gravé dans ma mémoire à tout jamais.
Malgré les moults visionnages et la nostalgie morose, la fascination pour le géant (20cm de plus qu'Orson Welles s'il vous plaît) du muet americano-germanique subsistait. En plus ça sentait le plan foireux à plein nez, et nous on adore les plans foireux.
Résultat 1h27 de joie. C'est pas qu'ils ont pris beaucoup de risques au niveau de la composition, mais la justesse de l'écriture était très appréciable. Amplification totale de chaque séquence et de son climax, on les a ressentis puissance dix les roseaux. Mais si le sentimentalisme à deux balles n'était pas à l'ordre du jour *auréole de sainteté*, le frisson était au rendez-vous. Violons, petites nappes de xylophone, de quoi faire frémir la moustache de Peter Sarsdedt, et c'est dire.
Le plus marquant restera Mickaël Mottet susurrant les rares cartons du genre "Summertime, vacation time" ou "Leave all this behind...come to the city". Tout ça de manière très light et même parfois délicieusement comique (c.f. le tableau "les amoureux, le boeuf et l'enfant").
George O'Brien est merveilleux en homme faible -ou pas- de la première moitié du XXème siècle.
Pour tous les gens qui ont tiré L'Aurore le jour de l'oral et qui se sont dit "Ca va mal se terminer, je vais sortir un Janet Jackson ou un Gloria Gaynor, mais la Janet Gaynor je vais la planter".
http://www.imdb.com/name/nm0003638/
http://www.angil.org/
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Bonus tube de l'été
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